10.05.2009
Péché de jeunesse 2
1969. Georges Perec publie "La Disparition", un roman en lipogramme : il ne comporte pas une seule fois la lettre e.
1989. la revue Paris Match organise un concours selon le même principe : il s'agit décrire un texte en omettant la lettre s.
Je participe au concours. Voici mon texte. Il n'a pas retenu l'attention du jury. Tant pis.
Exergue
Qu’une revue, mondialement connue – que je ne peux citer ici à peine de perdre déjà – et la firme Wirtz offrent conjointement un voyage en Egypte à celui ou à celle qui écrira un texte en y gommant volontairement la dix-neuvième lettre de l’alphabet, peut être concevable. Que l’on y trouve de l’agrément, j’en doute.
L’auteur rédige à grand peine, la dactylo craint la faute de frappe, quant à l’initiateur du jeu qui devra corriger et départager, mieux vaut n’en point parler. Tâche difficile et ingrate.
Parler de la langue de Voltaire en l’amputant devient une gageure. Et pourtant Bernhardt était belle interprétant l’Aiglon.
Fortiter donc.
Lettre à Toi
Une voix portée par le vent murmure tendrement ton nom. Belle comme l’amante à l’approche de la nuit, à ton gré docile ou rétive, forte de ta douceur ou de ton moindre caprice, mouvance d’une ombre, ombre d’un parfum, arpège répété à l’envi, à enivrer, Dame adamantine, Je t’aime.
Pardonne ma prétention, accepte-moi.
Pourquoi t’aimer, comment t’aimer ?
Un jour je te le dirai. Aujourd’hui n’invite guère à la confidence : on me bâillonne.
22:36 Publié dans La Libre Essentielle, Perso, Rédaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : georges perec, lipogramme




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